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Juicing : les 7 erreurs qui font abandonner

    🥤 Par Léa · ⏱ 7 min de lecture

    On s’équipe avec enthousiasme, on remplit le bac de fruits, et trois semaines plus tard l’appareil dort au fond d’un placard. Entre-temps, les jus étaient trop sucrés, l’extracteur trop long à laver, et le rituel du matin s’est éteint tout seul.

    Presque toujours, ce sont les mêmes erreurs de juicing qui découragent, et elles se corrigent en une matinée. Voici les sept que je vois revenir le plus, avec pour chacune le geste qui remet le rituel sur les rails.

    Le jus cent pour cent fruits, l’erreur numéro un

    C’est le réflexe de départ de tout le monde, et c’est celui qui gâche le plus de choses. Un jus composé uniquement de fruits concentre les sucres de plusieurs pièces dans un seul verre, sans la fibre qui en ralentissait normalement l’arrivée.

    Comptez ce que vous mettez dans le bac. Trois pommes et deux oranges pour un grand verre, personne ne mangerait cela d’affilée à table, et pourtant cela se boit en trente secondes sans le moindre effet de satiété.

    La règle qui change tout tient en deux chiffres, environ quatre cinquièmes de légumes pour un cinquième de fruits. Le fruit devient alors un correcteur de goût plutôt que la base, et le verre reste agréable sans être écœurant.

    Grand verre de jus de fruits entouré d'un ananas, d'une mangue, d'agrumes et de pastèque coupée

    Les sept erreurs, et ce qu’elles coûtent

    Voici le tableau récapitulatif, à garder en tête les premières semaines. Chaque ligne se corrige indépendamment, et aucune ne demande d’acheter quoi que ce soit de plus.

    L’erreurCe qu’elle provoqueLa correction
    Ne mettre que des fruitsUn verre très sucré et sans satiétéQuatre cinquièmes de légumes
    Tout éplucher par principeOn jette la partie la plus intéressanteGarder les peaux fines, retirer les écorces
    Boire le jus trop tardOxydation, goût plat et couleur terneDans la demi-heure, ou contenant plein au froid
    Remplacer un repas par un jusFaim au bout d’une heureAccompagner d’une source de protéines
    Repousser le nettoyageLe tamis se colmate définitivementRincer dans les minutes qui suivent
    Toujours les mêmes ingrédientsLassitude et apports déséquilibrésFaire tourner les légumes-feuilles
    Se tromper d’appareilRendement décevant, frustrationChoisir selon la fibre voulue

    La cinquième ligne mérite qu’on s’y arrête, parce qu’elle est la principale cause d’abandon. Un extracteur laissé une heure sur le plan de travail demande ensuite un quart d’heure de brossage, et c’est ce quart d’heure qui tue la motivation.

    La dernière ligne mérite aussi une précision, parce que deux familles d’appareils cohabitent. La centrifugeuse râpe à grande vitesse et projette le jus vers une paroi, l’extracteur écrase lentement la matière contre un tamis. Ce n’est pas la même mécanique du tout.

    La différence se voit surtout sur les feuilles vertes et les herbes, que la centrifugeuse traverse sans presque rien en tirer. Elle incorpore aussi beaucoup d’air, d’où cette mousse en surface qui accélère nettement l’oxydation du verre.

    Un dernier conseil pour les débuts, allez-y doucement sur la betterave crue. Son goût terreux domine tout le verre en quelques rondelles de trop, et c’est souvent elle qui dégoûte les nouveaux venus. Voyez plutôt les meilleurs fruits pour les jus frais pour construire des mélanges qui passent.

    Ce qu’on épluche et ce qu’on garde

    L’idée que tout doit être épluché coûte cher, parce que la peau des fruits et légumes concentre une part importante des composés colorés et aromatiques. Sur une pomme ou un concombre issus d’une culture sans traitement, un simple lavage suffit largement.

    • Gardez la peau des pommes, poires, concombres, carottes et courgettes.
    • Retirez impérativement les écorces d’agrumes, très amères une fois pressées.
    • Ôtez les noyaux durs, qui abîment la vis et le tamis de l’appareil.
    • Épluchez l’ananas, le melon et la mangue, dont les peaux sont immangeables.
    • Coupez le vert du poireau et les fanes très fibreuses, qui bourrent la vis.

    Pour les fruits issus de cultures traitées, un lavage à l’eau tiède avec un frottement énergique reste plus efficace qu’un simple passage sous le robinet. Le choix de la variété compte aussi, comme pour le meilleur type de pomme pour faire du jus.

    Verre de jus d'orange devant un presse-agrumes manuel et des demi-oranges déjà pressées

    Boire trop tard, l’erreur invisible

    Un jus frais commence à se transformer dès qu’il quitte l’appareil. L’air l’oxyde, la couleur ternit, et les arômes les plus volatils s’échappent en quelques dizaines de minutes. Le verre bu deux heures plus tard n’a plus grand-chose à voir avec celui du départ.

    Le plus simple reste de le boire tout de suite. Si vous préparez à l’avance, remplissez un contenant jusqu’au bord et fermez-le, l’objectif étant de chasser l’air plutôt que de refroidir davantage.

    Le froid ralentit ensuite le phénomène sans jamais l’arrêter. Toute la méthode figure dans notre guide sur la conservation des jus fraîchement pressés, avec les durées réalistes selon le type de jus.

    L’ordre de passage, et le nettoyage qu’on repousse

    Voilà un détail que les notices ne mentionnent jamais et qui change le rendement. Dans un extracteur, alternez les ingrédients mous et les ingrédients fermes plutôt que de tout passer par famille.

    Les ingrédients tendres, épinards, herbes, fruits mûrs, ont tendance à s’agglomérer et à glisser sans être pressés. Un morceau de carotte ou de pomme envoyé derrière eux les pousse contre la vis et récupère le jus qui serait autrement parti avec la pulpe.

    Terminez toujours par un ingrédient ferme, pour la même raison. Il chasse les résidus restés dans le corps de l’appareil, et vous récupérez au passage un fond de verre supplémentaire qui serait parti au compost.

    Enchaînez ensuite immédiatement sur le rinçage. Passez le tamis sous l’eau et brossez-le tant que la pulpe est humide, l’affaire prend deux minutes. Sèche, la même pulpe se transforme en vernis qui bouche les micro-perforations pour de bon.

    Verre de jus rouge en pleine éclaboussure entouré de kiwi, de grenade et de glaçons

    Un jus ne remplace pas un repas

    C’est sans doute la déception la plus fréquente des débuts. Le jus a beau être copieux dans le verre, il ne contient ni fibre ni protéine, les deux éléments qui tiennent au corps. La faim revient donc bien plus vite qu’attendu.

    Traitez-le pour ce qu’il est, un accompagnement et non un substitut. Trois associations suffisent à en faire un vrai petit-déjeuner.

    • Avec un yaourt ou du fromage blanc, qui apportent la protéine absente du verre.
    • Avec des œufs, l’option qui tient le plus longtemps et qui supprime la fringale de dix heures.
    • Avec une tartine de pain complet, pour la fibre que l’extraction a laissée dans la pulpe.

    Si c’est la satiété que vous cherchez, c’est vers le smoothie qu’il faut se tourner, puisqu’il conserve toute la fibre du fruit. Les variétés d’orange à jus se prêtent d’ailleurs aussi bien à l’un qu’à l’autre.

    Les erreurs de juicing : vos questions

    Quelle proportion de légumes dans un jus ?

    Visez environ quatre cinquièmes de légumes pour un cinquième de fruits. Le fruit sert alors à corriger le goût sans faire du verre une bombe sucrée. La carotte et la betterave apportent déjà une douceur naturelle qui réduit le besoin de fruits.

    Faut-il éplucher les fruits avant de les passer ?

    Pas les peaux fines comme celles des pommes, poires, carottes ou concombres, qui concentrent beaucoup de composés intéressants. En revanche, retirez systématiquement les écorces d’agrumes, très amères, ainsi que les noyaux durs qui abîment l’appareil.

    Combien de temps un jus frais se garde-t-il ?

    Idéalement, il se boit dans la demi-heure. Au-delà, remplissez un contenant jusqu’au bord pour chasser l’air, fermez et placez au froid. La couleur et le goût tiendront alors quelques heures, sans jamais égaler le verre bu immédiatement.

    Dans quel ordre passer les ingrédients ?

    Alternez mou et ferme plutôt que de grouper par famille, et terminez toujours par un morceau dur. Les ingrédients tendres glissent sans être pressés, un morceau de carotte ou de pomme les pousse contre la vis et récupère leur jus.

    Pourquoi mon extracteur rend-il si peu de jus ?

    Pressez la pulpe sortante dans votre main. Si elle rend encore du liquide, le tamis est probablement colmaté par des résidus séchés, ou l’ordre de passage laisse les ingrédients tendres glisser sans être travaillés.

    Peut-on faire un jus au blender ?

    Vous obtiendrez un smoothie, pas un jus, puisque le blender conserve toute la fibre. Filtrer ensuite donne un liquide déjà oxydé et décevant. Les deux appareils répondent à deux envies différentes, il vaut mieux choisir avant de se lancer.

    À propos de l’auteur
    Portrait de Léa, fondatrice de Mon-mixeur.com 🥤

    LéaAdepte du fait-maison & fondatrice

    Smoothies du matin, soupes du soir, purées maison, mon blender tourne tous les jours. La vraie question n’est jamais les watts affichés, mais est-ce qu’il rend une texture lisse ou une bouillie pleine de morceaux. Je me sers au quotidien de ceux que j’ai en cuisine et décortique les autres, pour vous éviter le mixeur qui peine sur deux glaçons.

    Mon parti pris : un bon mixeur, c’est des lames qui mordent et un bol facile à nettoyer. La puissance marketing ne fait pas un velouté.

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